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Pour répondre au « défi démographique », il faut remplacer tous les départs par une embauche

Posté par foassurances le 7 décembre 2012

Pour répondre au « défi démographique », il faut remplacer tous les départs par une embauche

Retour à l'accueil  La FFSA (Fédération Française des sociétés d’assurances), le GEMA (Groupe des entreprises mutuelles d’assurances) et UNI-Europe organisent une « matinée d’information et d’échanges » le 20 décembre sur le thème « Relever le défi démographique dans l’assurance ». 

Cette matinée sera ouverte par Bernard Spitz, Président de la FFSA et se terminera par un cocktail…
A lire l’invitation, on a le sentiment que tout va bien, qu’il règne un consensus. Il est même question d’une « position commune » des « partenaires sociaux » sur cette question.
Alors soyons clairs. Il n’y a aucune position commune ni diagnostic partagé entre les fédérations patronales et notre Fédération FO. Il ne peut y avoir que négociation pour la recherche d’un accord de branche sur les revendications des salariés.
S’agissant de la démographie, nous ne pouvons pas accepter de traiter la question comme si elle n’était pas le résultat d’une politique délibérée des directions d’entreprise.
En effet, s’il y a une donnée prévisible, c’est bien celle là. Chaque entreprise a une connaissance très précise sur l’âge et l’ancienneté de ses salariés et elle mène sa « gestion des ressources humaines » en maîtrisant parfaitement cette question.
Nous portons des accusations très graves contre des pratiques de « gestion de ressources humaines » qui sont menées dans plusieurs grandes entreprises, pas toutes certes, mais parmi les plus grandes.
Un exemple bien connu dans des entreprises comme AXA et Generali : refuser le remplacement des départs dans les délégations régionales pendant des années pour provoquer artificiellement une « démographie locale » qui met en péril l’avenir de la délégation.
Ensuite, on gère la situation par des délocalisations, des suppressions de sites, des transferts d’activités au mépris des droits et des qualifications des salariés. Et cela se gère dans le cadre d’accords GPEC qui permettent d’associer les syndicats qui s’y prêtent, à cette politique néfaste de gestion des ressources humaines.

Ces entreprises estiment que la norme en matière d’effectif, c’est le sous-effectif !

Un autre exemple dans une  entreprise où les délégués du personnel FO ont signalé une situation catastrophique dans un service, une souffrance des salariés pouvant conduire à des crises psychologiques, un immense retard dans la gestion des dossiers, tout cela dû à un sous-effectif. La Direction a répondu en affectant des CDI et des CDD et en prétendant que cet apport, CDI + CDD, couvrait 90 % des besoins permanents. Par cette réponse, elle avoue utiliser des CDD pour des besoins permanents et retenir le sous-effectif comme une norme. Plus grave, la Direction, dans sa réponse, renvoyait la responsabilité de la situation sur les managers.
Et c’est un manager qui a craqué dans une crise nerveuse.
Et qu’a fait la Direction ? Elle a licencié ce manager et continue d’autres procédures de licenciement. Dans cette même entreprise, il y a un plan de licenciement collectif de 62 salariés. Cela  s’appelle « plan de sauvegarde de l’emploi » !

 Cette politique de sous-effectifs systématiques est utilisée pour réduire le coût du travail immédiatement, mais elle est aussi mise au service d’un politique à moyen terme encore plus pénalisant pour l’emploi et les salariés. Cela est du à la pyramide des âges qui, dans certaines grandes entreprises, conduit les Directions à spéculer sur le départ en retraite de 15 à 20 % des salariés dans les trois ans à venir.
Mais ces salariés ne sont pas tous en mesure de prendre leur retraite même s’ils y aspirent après tant années d’exploitation. D’une part, les retraites ont baissé depuis la fermeture de notre caisse professionnelle, la CREPPSA. D’autre part, ces salariés ont souvent encore à charge leurs enfants qui subissent la précarité et même quelquefois leurs parents. Ils ont pu s’engager dans des crédits pour acquérir un logement pour eux où leurs enfants.

Alors, nous accusons les Directions de favoriser des conditions de travail dégradées provocant ainsi la souffrance des salariés dans le but de les pousser au départ volontaire tout en les faisant renoncer à leurs droits acquis.
Quant aux jeunes, quand ils ne sont pas en situation précaire, ces conditions de travail pénibles favorisent leur mobilité, leur départ de l’entreprise.
Cette politique délibérée permet à ces entreprises de réduire massivement leurs effectifs sans recourir au plan social.

Alors quelle est la solution ?
Elle ne réside certainement pas dans les accords sur les risques psycho-sociaux qui traitent les conséquences en transférant la responsabilité sur les CHSCT, les délégués et les managers alors qu’il faudrait traiter les causes.

Notre syndicat FO revendique :

  • l’arrêt de tous les licenciements,
  • la transformation des contrats précaires en CDI,
  • et le remplacement de tout départ par une embauche en CDI à temps plein.

Jean-Simon Bitter
Secrétaire de la section fédérale

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Publié dans Entreprises, JEC | 1 Commentaire »

 

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