Lire les dossiers
Assurance auto

Bonus-malus : comment se calcule le coefficient

Mécanique du coefficient de réduction-majoration, cas du sinistre responsable et erreurs de relevé d'information.

Illustration de l'article « Bonus-malus : comment se calcule le coefficient »

7 min de lecture

4,5sur 5446 votes

  • 4,2Klecteurs
  • 4en ce moment
  • 160partages
  • Premier contrat : le coefficient de départ est de 1,00.
  • Une année sans sinistre responsable : coefficient précédent × 0,95, soit 5 % de réduction.
  • Un sinistre entièrement responsable : × 1,25 (majoration de 25 %). Une responsabilité partagée : × 1,125.
  • Le résultat est limité à deux décimales et le bonus ne descend jamais sous 0,50.
  • Ce coefficient s’applique ensuite à la prime de référence du contrat.

Le coefficient de bonus-malus ne repart jamais de zéro : il se calcule chaque année à partir de celui de l’année précédente. L’assureur prend votre coefficient actuel, examine les sinistres dont vous avez été reconnu responsable sur une période précise, puis applique un multiplicateur : 0,95 si rien n’est à signaler, 1,25 en cas de responsabilité totale, 1,125 en cas de responsabilité partielle. Le chiffre obtenu, conservé avec deux décimales, vient pondérer la prime de référence de votre contrat auto. Ci-dessous, la mécanique détaillée avec un barème complet, des exemples chiffrés et les règles de période et d’arrondi qui expliquent la plupart des écarts entre votre propre calcul et celui de l’assureur.

Le coefficient de réduction-majoration, principe et point de départ

Dans les documents d’assurance, le bonus-malus porte son nom officiel : coefficient de réduction-majoration. Il s’agit d’un simple nombre qui démarre à 1,00 lors d’un premier contrat. En dessous de 1, vous bénéficiez d’un bonus ; au-dessus, vous supportez un malus.

Ce nombre agit comme un multiplicateur sur la prime de référence fixée par l’assureur. Prenons une prime de référence de 600 € : avec un coefficient de 0,80, la cotisation correspondante tombe à 480 € ; avec un coefficient de 1,25, elle grimpe à 750 €. Le tarif final peut aussi bouger pour d’autres raisons (changement de véhicule, de garanties, évolution des tarifs de la compagnie), mais la part liée à votre historique de conduite passe entièrement par ce coefficient.

Comment se calcule le coefficient bonus-malus d’une année sans sinistre responsable

Chaque échéance annuelle franchie sans accident responsable déclenche une réduction de 5 %. Concrètement, on multiplie le coefficient en cours par 0,95. La réduction est donc cumulative : elle porte sur un coefficient déjà réduit, ce qui explique que les baisses soient de plus en plus faibles en valeur absolue au fil des ans. Le plancher est fixé à 0,50, soit la moitié de la prime de référence.

Échéance sans sinistre responsableCalculCoefficient retenu
Premier contratValeur de départ1,00
1re1,00 × 0,95 = 0,950,95
2e0,95 × 0,95 = 0,90250,90
3e0,90 × 0,95 = 0,8550,85
4e0,85 × 0,95 = 0,80750,80
5e0,80 × 0,95 = 0,760,76
6e0,76 × 0,95 = 0,7220,72
7e0,72 × 0,95 = 0,6840,68
8e0,68 × 0,95 = 0,6460,64
9e0,64 × 0,95 = 0,6080,60
10e0,60 × 0,95 = 0,570,57
11e0,57 × 0,95 = 0,54150,54
12e0,54 × 0,95 = 0,5130,51
13e0,51 × 0,95 = 0,48450,50 (plancher)

Selon que l’on compte ou non la première année d’assurance, vous lirez qu’il faut 13 ou 14 ans sans accident responsable pour atteindre le bonus maximal. Les deux formulations décrivent la même progression.

Une règle particulière concerne les véhicules assurés pour un usage « tournées » ou « tous déplacements », typiquement les conducteurs qui roulent beaucoup pour leur activité professionnelle. La réduction annuelle passe alors à 7 %, ce qui revient à multiplier le coefficient par 0,93 au lieu de 0,95. Le plancher de 0,50 est donc atteint plus rapidement.

Le calcul du malus selon le degré de responsabilité

La majoration ne s’applique que si deux conditions sont réunies : votre responsabilité, totale ou partielle, a été retenue, et votre assureur a versé une indemnisation pour ce sinistre. Le multiplicateur dépend ensuite du partage de responsabilité :

  • Responsabilité totale : coefficient × 1,25. Un conducteur à 1,00 passe à 1,25 ; un conducteur à 0,68 remonte à 0,85.
  • Responsabilité partielle : coefficient × 1,125, soit une majoration de 12,5 %. Un coefficient de 0,80 devient 0,90.
  • Aucune responsabilité : le coefficient reste inchangé.

Le partage de responsabilité ne dépend ni de votre ressenti ni de celui de l’autre conducteur. Ce sont les compagnies d’assurance qui le fixent entre elles, à partir des éléments du dossier : constat amiable, témoignages, circonstances déclarées. D’où l’intérêt de remplir le constat avec soin, puisque c’est lui qui conditionnera le multiplicateur appliqué.

La période de douze mois qui sert de base au calcul

Un accident n’agit pas forcément sur la prochaine échéance. Le calcul retient une période de 12 mois consécutifs qui s’achève 2 mois avant la date d’échéance annuelle du contrat. Avec une échéance au 1er avril, la période observée court du 1er février de l’année précédente au 31 janvier. Un accident responsable survenu le 15 février ne pèsera donc qu’à l’échéance d’avril de l’année suivante, soit plus d’un an après les faits.

Ce décalage de deux mois laisse à l’assureur le temps d’établir le nouveau coefficient et de l’inscrire sur l’avis d’échéance.

Arrondi à deux décimales : d’où viennent les petits écarts

Le résultat de chaque multiplication est ramené à deux décimales, et les chiffres suivants sont abandonnés. Ainsi 0,85 × 0,95 donne 0,8075, retenu à 0,80. Cette règle, répétée année après année, explique pourquoi un calcul fait de tête ne tombe pas toujours juste.

Autre erreur courante : imaginer qu’on retire 5 points chaque année. Si c’était le cas, dix ans sans sinistre mèneraient à 0,50. En réalité, la réduction s’applique au coefficient déjà réduit, et l’on n’est qu’à 0,57 au bout de dix échéances. Il en va de même pour le malus : 25 % de 0,68 ne pèsent pas autant que 25 % de 1,00.

Simulation du coefficient bonus-malus sur cinq échéances

Voici le parcours d’un conducteur qui démarre à 0,90 et connaît deux sinistres en cinq ans, un par période de référence :

ÉchéanceÉvénement sur la périodeCalculNouveau coefficient
Année 1Aucun sinistre responsable0,90 × 0,95 = 0,8550,85
Année 2Accident entièrement responsable0,85 × 1,25 = 1,06251,06
Année 3Aucun sinistre responsable1,06 × 0,95 = 1,0071,00
Année 4Accident avec responsabilité partagée1,00 × 1,125 = 1,1251,12
Année 5Aucun sinistre responsable1,12 × 0,95 = 1,0641,06

La leçon est nette : un seul accident entièrement responsable efface plusieurs années de bonus. Ici, le conducteur passe de 0,85 à 1,06 et retombe tout juste à 1,00 un an plus tard. Sur une prime de référence de 600 €, terminer à 1,06 représente 636 €, contre 510 € s’il était resté à 0,85.

Vérifier le coefficient appliqué par votre assureur

Le coefficient en vigueur figure chaque année sur l’avis d’échéance, à côté du montant de la prime et des principales caractéristiques du contrat. Pour contrôler le chiffre, quelques réflexes suffisent :

  • repérer la date d’échéance et en déduire la période de 12 mois réellement observée ;
  • lister les sinistres survenus sur cette période et vérifier, pour chacun, la responsabilité retenue et l’existence d’une indemnisation ;
  • refaire la multiplication à partir du coefficient de l’an passé, en tronquant à deux décimales ;
  • vérifier si votre contrat prévoit un usage « tournées » ou « tous déplacements », qui change le taux de réduction.

En cas d’écart que vous ne parvenez pas à expliquer, interrogez votre assureur par écrit en joignant votre calcul : la plupart des différences proviennent d’un sinistre rattaché à une autre période ou d’un partage de responsabilité mal compris.

Comment calculer soi-même son coefficient pour la prochaine échéance ?

Partez du coefficient inscrit sur votre dernier avis d’échéance. Multipliez-le par 0,95 si aucun sinistre responsable n’est survenu sur la période de référence, par 1,25 en cas de responsabilité totale ou par 1,125 en cas de responsabilité partielle. Gardez ensuite deux décimales, sans descendre sous 0,50.

Le bonus progresse-t-il plus vite avec un usage tournées ou tous déplacements ?

Oui. Pour ces usages, la réduction annuelle atteint 7 % au lieu de 5 %, ce qui revient à multiplier le coefficient par 0,93 chaque année sans accident responsable.

Un accident responsable sans indemnisation versée par l’assureur entre-t-il dans le calcul ?

Non. Seuls les sinistres pour lesquels votre responsabilité est retenue et qui ont donné lieu à une indemnisation par votre assureur sont pris en compte pour majorer le coefficient.

Qui décide du partage de responsabilité utilisé pour le malus ?

Les assureurs des parties concernées, à partir du constat, des témoignages et des autres pièces du dossier. Votre propre lecture de l’accident ou celle de l’autre conducteur ne suffit pas à fixer ce partage.

Pourquoi 0,85 × 0,95 donne-t-il 0,80 et non 0,81 ?

Parce que le coefficient ne conserve que deux décimales : 0,8075 est ramené à 0,80, les chiffres suivants étant simplement abandonnés.

L’auteur

Constance Morin

Courtière en assurances de particuliers

Je publie ici mes essais et mes comparatifs. Mon domaine : Assurance auto et complémentaire santé.

Voir tous ses articles

Votre avis compte

Cet article vous a-t-il été utile ?

4,5sur 5446 votes

Notez cet article :

Commentaires

Soyez le premier à réagir.

Pour continuer la lecture

Foassurances

Assurance et courtage

Lire les garanties, comparer les contrats et protéger ses proches comme son activité, avec des explications concrètes plutôt que des promesses commerciales.

Découvrir le site